Histoires Aériennes Extraordinaires

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Publié le 28/06/2010

« Tango Roméo… Bravo ! »

Anniversaire. En 1972, un Rallye atterrit dans la grotte de Bédeilhac et en redécolle. Christian Falliero ressuscite l'exploit dans un livre, à l'occasion des 50 ans de cet avion mythique.


Georges Bonnet, redécollant de la grotte de Bédeilhac à bord du "tango roméo bravo", le 1er juillet 1972. Photo D.R.

C'était en juin 1959. Il y a pile 50 ans. Les cartes aériennes n'avaient pas encore pris ce profil d'espaces barbelés d'interdictions qu'on leur connaît désormais. Le ciel français appartenait encore à tout le monde. Le rêve d'y pouvoir naviguer librement un jour pour pas trop cher, aussi. Ce faisant, apprendre à piloter un avion restait donc un but accessible au plus grand nombre. Et l'aviation populaire, une réalité. La voiture avait eu la 2CV, la 4L… Il était donc l'heure pour Morane-Saulnier de révolutionner l'avion de la même façon. Entre les mains du pilote d'essais Jean Cliquet, le Rallye décollait pour son premier vol.

Le Rallye ? Le plus grand succès jamais réalisé par ce premier constructeur européen d'avions légers qu'allait devenir la Socata, héritière de Morane Saulnier : 3.300 machines construites en 30 ans. Mais pas seulement. Car quiconque a été aux commandes de cet avion-là ou le pilote encore avec plaisir aujourd'hui sait… Sait que le Rallye, on n'a pas fait mieux depuis. Qu'on chercherait en vain désormais un avion aussi sûr, aussi robuste et aussi polyvalent dont l'entrée de gamme se payait 29.000 F de l'époque. Le prix d'une bonne grosse voiture familiale.

C'est aussi que sans le Rallye dans les aéro-clubs, dans les écoles de pilotage… la France aéronautique n'aurait sans doute pas décollé de la même façon dans les années 60, 70… tant il a symbolisé l'école communale, l'abordable certificat d'études de milliers de pilotes, bref, le socle formateur d'un vivier de vocations, de passions qui était aussi appelé à faire de l'industrie aéronautique française ce qu'elle est aujourd'hui. Commencer sur Rally, finir chez Aérospatiale ou Dassault, sur Airbus ou Mirage : ils ont été plus d'un.

Exploit et légende

Bref, 1959-2009 : exporté partout à travers le monde, avion-école, avion remorqueur, avion agricole voire même avion de guerre… Le Rallye de la Socata méritait bien un hommage. Et le Bigourdan Christian Falliero lui en rend un, des plus originaux. Car ce passionné d'aviation dont les premiers souvenirs professionnels remontent justement à l'atelier d'études de la Socata a su retrouver l'exploit qui, dans l'histoire du Rallye résume autant les capacités de l'avion que l'esprit d'une époque, d'une aventure humaine, pour en faire un livre : « Tango Roméo, Bravo ! »

Tango Roméo Bravo ? TRB. L'immatriculation du Rallye que pilotait Georges Bonnet, le 1er juillet 1972, lorsqu'il s'est posé dans la grotte de Bédeilhac, en Ariège. Et qu'il en a redécollé. Par deux fois. « Ce « défi » était parti d'une rencontre, d'une amitié avec Alain Darchy, le journaliste aéronautique de la première chaîne », raconte aujourd'hui Christian Falliero. « Démontrer la capacité du Rallye à se poser court était l'un des enjeux, mais il y avait aussi autre chose, donner corps à une légende locale concernant la grotte de Bédeilhac. Durant la guerre, elle avait abrité un atelier où les Allemands remettaient en état des bimoteurs. Ils avaient aménagé l'intérieur de la grotte en un tunnel stabilisé d'un peu plus de 200 mètres pour y travailler et était alors née la légende d'avions atterrissant et décollant à Bédeilhac. Donner corps à cette légende : l'idée qui a aussi réuni les deux hommes ». La suite ? Eh bien, ce final impressionnant d'un avion qui vire, s'aligne et s'enfonce dans la béance d'une montagne, ainsi que les qualités uniques du Rallye sans oublier deux ou trois autres choses étonnantes que réalisaient à l'époque ses pilotes d'essais… c'est ce que Christian Falliero propose donc à ses lecteurs de découvrir. Entre mémoire et nostalgie.

1.300 heures de vol : ce n'est pas courant pour un pilote privé, mais ça résume bien la passion de Christian Falliero (photo) pour l'aviation. Passion qui le pousse à écrire aussi depuis quelques années, puisqu'avec « Tango Roméo, Bravo ! » il signe le troisième volet d'une trilogie commencée avec « Le Silence de l'Oiseau Blanc », consacré à Nungesser et Coli et poursuivie par « Un Canari dans la tourmente ».

Prévu pour sortir ce 26 juin, « Tango Roméo, Bravo ! » sera disponible dans les librairies locales ou sur commande, auprès de l'auteur.


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